Approvisionnement en eau potable

Cette page s'attache à décrire de manière plus détaillée l’utilisation de ces eaux profondes par le secteur "eau potable". L’importance économique de cet usage est mise en évidence, s’appuyant sur des illustrations quantifiées lorsque cela est possible.

Les nappes profondes : une ressource vitale pour certains territoires

Les prélèvements réalisés en nappes profondes pour l’alimentation en eau potable se font majoritairement dans l’aquifère éocène, ainsi que dans les nappes du crétacé et du paléocène (Tableau 1). Au total, ce sont près de 17 millions de mètres cubes par an qui sont prélevés dans les nappes profondes, pour alimenter près de 250 000 habitants.

Les ressources sollicitées varient avec la localisation géographique (Figure 1). Dans la partie est du territoire (à l’est de la ligne Pau - Mont-de-Marsan), c’est exclusivement la nappe des sables iinfra-molassiques (éocène) qui est utilisée. À l’ouest et au nord de Mont-de-Marsan, les ressources exploitées pour l’alimentation en eau potable sont plus diversifiées : nappes de l’éocène calcaire (qui sont constituées de calcaires et non de sables comme dans les sables infra-molassiques à l’est) mais également les nappes sous-jacentes des calcaires du crétacé et du paléocène aux abords des structures anticlinales où elles remontent à la surface.

Tableau 1: Volumes prélevés par l’alimentation en eau potable par niveau aquifère dans la zone d’étude (année 2016)

Figure 1 : Répartition spatiale des prélèvements alimentation en eau potable en nappes profondes, par niveau aquifère, et collectivités concernées (prélèvements ou imports d’eau des nappes profondes) en 2016

Dans la partie est du territoire d’étude, la nappe des sables infra-molassiques représente une ressource vitale pour plusieurs collectivités, qui n’ont accès à aucune autre ressource suffisante en qualité et en quantité et qui ne sont pas interconnectées avec d’autres collectivités. C’est le cas du secteur du Tursan (syndicat des eaux du Marseillon et du Tursan) dont 100% de l’eau provient de la nappe des sables infra-molassiques. C’est également le cas du SIAEP de Nogaro, de la partie nord du territoire approvisionné par le SMNEP, et de Castéra-Verduzan (jusque courant 2020).

Le Syndicat d’Armagnac-Ténarèze, le SIAEP de Vic-Fezensac et le SIAEP de Dému dépendent quant à eux de la nappe des sables infra-molassiques à hauteur d’environ trois-quarts de leur approvisionnement. ils disposent chacun de ressources complémentaires, à savoir : sources et imports, eau de la Baïse et nappe des Sables Fauves respectivement (Tableau 2).  À partir de courant 2020, le SIAEP de Vic-Fezensac et Castéra-Verduzan seront approvisionnés par une nouvelle usine de production à partir de l’eau de la nappe des sables infra-molassiques et de la Baïse, ce qui réduira leur dépendance à la nappe des sables infra-molassiques. Ces informations sont représentées sur la carte de la Figure 2.

Problèmes rencontrés par les services d’eau potable exploitant les nappes profondes

Les nappes profondes représentent une ressource vitale pour les collectivités locales mais leur exploitation peut être problématique :

  • Tout d’abord, le niveau d’eau mesuré dans les forages qui exploitent la nappe des sables infra-molassiques, dans l’Est du territoire étudié, a tendance à baisser de plusieurs mètres par décennies. Le coût de pompage dans ces nappes profondes aura donc tendance à augmenter avec le temps et les exploitants devront abaisser leurs pompes. À long terme, il n’est pas totalement impossible que localement des forages soient dénoyés, et que les forages actuels deviennent inutilisables, exigeant de les relocaliser avec un coût de plusieurs centaines de milliers d’euros.
  • En parallèle de cette baisse tendancielle, le niveau d’eau dans la nappe des sables infra-molassiques subit également des fluctuations saisonnières importantes, liées à l’activité de stockage de gaz naturel dans l’aquifère. Cela impose aux exploitants d’installer leurs pompes à plus grande profondeur, afin de s’assurer que celles-ci fonctionnent lorsque le niveau d’eau est au plus bas, en période de déstockage du gaz. Cela induit une hausse des coûts énergétiques.
  • Dans certains secteurs géographiques spécifiques, les nappes profondes peuvent être contaminées par des pollutions d’origine agricole (nitrates, phytosanitaires). C’est le cas dans les secteurs où les nappes profondes remontent à proximité de la surface (ex : secteur d’Orist). Les nappes profondes peuvent également être contaminées lorsqu’elles se trouvent en contact avec d’autres nappes souterraines qui sont polluées. C’est ce qui est arrivé au niveau des forages du SMNEP situés à Bordes : le fait de pomper intensément dans la nappe des sables infra-molassiques, localement située à plus faible profondeur, a créé une dépression qui a accentué les venues d’eau en provenance de la nappe alluviale du gave de Pau sus-jacente, qui est relativement chargée en nitrates et pesticides. Cela a conduit à abandonner ces captages fin 2017.

Figure 2 : Carte de synthèse de l’importance des prélèvements en nappes profondes pour l’alimentation en eau potable sur les secteurs Est et Ouest du territoire d’étude, à la fois pour les collectivités prélevant en nappes profondes et pour celles achetant de l’eau des nappes profondes (NB : les forages de Bordes étaient opérationnels en 2016 et sont donc représentés sur la carte, mais ont été abandonnés fin 2017)

Importance économique des nappes profondes pour l’alimentation en eau potable

Les nappes profondes représentent un atout considérable pour le territoire, mais la valeur de cet atout est difficile à évaluer en termes financiers. Il est néanmoins essentiel d’en prendre conscience. Les illustrations qui suivent proposent des éléments d’évaluation économique, en termes de coûts évités.

La première illustration est fournie par le territoire de Vic-Fezensac. Ce territoire dispose de deux ressources : un forage dans les sables infra-molassiques (plus de 600 000m3 prélevés par an), et l’eau de la rivière Baïse. L’avantage du forage dans les sables infra-molassiques est la qualité de son eau, qui exige peu de traitement alors que celle de la Baïse doit faire l’objet de traitements plus poussés. Le coût de production de l’eau du forage est ainsi de l’ordre de 10 à 15 centimes par mètre cube, alors qu’elle est de plus de 40 centimes pour l’eau de la Baïse (ordre de grandeur). En absence des sables infra-molassiques, on peut considérer que la Baïse pourrait être utilisée en substitution, ce qui induirait un coût de traitement plus élevé et probablement une contractualisation avec la CACG (réalimentation par le système Neste). L’existence des sables infra-molassiques permet ainsi d’éviter une dépense de 25 centimes pour chacun des 600 000 m3 pompés dans la nappe, soit une économie de 160 000 € par an, se traduisant par une réduction de la facture de 40€ par ménage environ.

La seconde illustration est fournie par les territoires du SMNEP approvisionnés par les forages profonds de Lespielle, Sables infra-molassiquesacourbe, Burosse-Mendousse et Lalongue, et par le territoire du Tursan. Si la nappe des sables infra-molassiques n’était pas disponible, il faudrait développer une importante infrastructure permettant de transférer de l’eau du Gave de Pau vers ces secteurs. Compte tenu de la topographie, ce transfert exigerait un relevage de l’eau sur plusieurs dizaines de mètres de hauteur, générant un coût énergétique très important. Le chiffrage du coût total nécessiterait une étude approfondie mais l’ordre de grandeur du résultat serait certainement de plusieurs dizaines de centimes par m3, soit de plusieurs dizaines d’euros par ménage et par an.

Chiffres clefs - secteur eau potable :

- Prélèvement de 16,8 millions de m3 dont 83% dans l’Éocène (dont sables infra-molassiques), 14% dans le Crétacé et 4% dans le Paléocène.

- Environ 270 000 habitants desservis par de l’eau des nappes profondes, sur 3 départements (Gers, Landes, Pyrénées Atlantiques). Les nappes profondes représentent en moyenne 65% de l’approvisionnement en eau potable de cette population.

- Plus de 70 000 habitants dépendants à 100% de l’eau des nappes profondes pour l’alimentation en eau potable.

Tableau 2 : Collectivités prélevant dans les nappes profondes, tableau de synthèse

Tableau 3 : Collectivités dépendant d'imports d'eau prélevée dans les nappes profondes

1 Jusqu’en 2016 import d‘eau des SIM. Depuis 2017, import d’eau des alluvions du Gave de Pau (forage de Baudreix).

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