Le bassin versant

Le bassin versant du SAGE Adour amont : un vaste territoire aux usages nombreux

Le territoire du SAGE Adour Amont

Le périmètre du SAGE Adour englobe le bassin de l’Adour des sources au confluent des Luys réunis, à l’exclusion des sous-bassins de la Midouze, du Louts et des Luys. Il dispose de ressources naturelles en eau variées :

  • les eaux superficielles d’une dizaine de cours d’eau principaux, dont l’alimentation est principalement tributaire des apports pluviométriques. La présence d’un important système de canaux de dérivation dans la vallée de l’Adour entre Bagnères-de-Bigorre et Aire-sur-l’Adour, constitue une spécificité du bassin ;
  • plusieurs niveaux de nappes aquifères, qui couvrent plus de 1 500 km², la plus importante étant celle de l’Adour. Il faut noter le rôle particulier joué par une partie de la nappe alluviale en relation étroite avec les écoulements de l’Adour (et de l’Echez) dès les environs de Tarbes.

Les enjeux du territoire

Le SDAGE Adour-Garonne, approuvé en 1996, préconisait la mise en œuvre d’un SAGE sur le bassin de l’Adour. Par ailleurs, la mise en place en 1999 d’un plan de gestion des étiages (PGE) sur l’Adour en amont de la confluence avec la Midouze et d’un contrat de rivière sur le Haut-Adour avaient permis d’amorcer une dynamique de gestion intégrée de la ressource en eau sur ce territoire, et d’impliquer les acteurs concernés dans une démarche de démocratie participative.

L’Institution Adour a décidé en 2002 de s’inscrire dans la démarche d’un SAGE pour répondre à l’attente exprimée fin 2001 lors des États généraux de l’Adour et de ses affluents et pour satisfaire au cadre législatif et réglementaire (loi sur l’eau de 1992, directive cadre européenne sur l’eau de 2000).

Le dossier argumentaire sur l’opportunité de ce SAGE, établi avec le concours technique de l’Institution Adour et l’Observatoire de l’Eau des Pays de l’Adour, avait été soumis à l’avis des collectivités concernées, puis validé par le comité de bassin Adour Garonne le 2 juillet 2004. Il mettait en exergue trois thématiques majeures sur le bassin de l’Adour amont (les milieux aquatiques, la gestion quantitative et la gestion qualitative de la ressource en eau) et pointait, en première approche, les enjeux sur le bassin amont de l’Adour :

  • résoudre le problème des débits d’étiage insuffisants pour satisfaire les besoins en eau;
  • restaurer la qualité des eaux, largement dégradée par des pollutions;
  • révenir le risque d’inondation, encore fortement marqué dans les milieux aussi bien urbains que ruraux;
  • remédier à la dégradation du lit et des berges consécutive à un défaut d’entretien sélectif de la végétation rivulaire;
  • préserver les milieux aquatiques remarquables en termes d’habitats et d’espèces;
  • développer les activités d’agrément qui, malgré des potentialités notables, restent peu exploitées sur ce territoire.

De nombreux acteurs de l’eau

À l’intérieur du territoire, la gestion de l’eau mobilise de nombreux acteurs, qui s’impliquent à divers titres dans les missions de réglementation, de planification à diverses échelles (établissements publics et collectivités), et dans les actions concrètes liées à la fourniture d’eau potable, à l’assainissement, à l’entretien des cours d’eau, et de façon plus générale aux divers aspects liés à la promotion et à la rationalisation des divers usages, ainsi qu’à la connaissance, la protection et la conservation des milieux aquatiques.

Les usages de l'eau sont multiples sur le bassin de l'Adour : usages domestiques mais aussi agricoles, industriels ou dédiés au tourisme et aux loisirs.

Le petit cycle de l'eau : l’usage domestique

L’alimentation en eau potable représente 20 % des prélèvements totaux du bassin tous usages confondus. Ces prélèvements se font en nappe captive (environ 39 %), en nappe superficielle (environ 31 %, en totalité en nappe alluviale de l’Adour), dans des sources diverses de montagne (25 %) et marginalement en rivière (dans l’Arros essentiellement). La qualité de l’eau potable distribuée dans le bassin de l’Adour est généralement bonne ; néanmoins, elle présente parfois des insuffisances sur les plans de la bactériologie, des nitrates ou des produits phytosanitaires.

En matière d’assainissement collectif, les performances atteintes sur le territoire sont désormais globalement satisfaisantes ; mais, globalement, des efforts d’épuration doivent être encore menés pour diminuer l’impact des rejets sur les milieux naturels récepteurs. L’impact des rejets de l’assainissement autonome ne doit pas être négligé, d’autant plus que la multiplication des dispositifs d’assainissement non collectif par infiltration dans les secteurs à sol très filtrant comme la plaine de l’Adour semble entraîner localement des impacts qualitatifs sur les nappes, problème lié au développement des lotissements. La multiplication de l’urbanisme en zone de rejets superficiels de l’assainissement non collectif pose également question des impacts cumulés de ces sources de pollution sur les cours d’eau.

Les usages agricoles

L’agriculture constitue un élément majeur sur le territoire, avec la moitié de la surface du bassin et 9 % des emplois. Les systèmes de production agricole se répartissent ainsi :
- l’amont du bassin (zone de montagne et piémont pyrénéen) constitue un secteur principalement dédié à l’élevage bovins et ovins, et les productions fourragères ;
- le restant du territoire fait une large part à la production du maïs, qui occupe au moins 50 % de la SAU (jusqu’à 60 % dans la plaine de l’Adour), avec un fort recours à l’irrigation. Les activités associées à la culture du maïs varient selon les secteurs.
- dans la zone des sables landais, la production sylvicole a une part importante.

L’usage agricole est à l’origine de pressions à la fois quantitatives et qualitatives sur les ressources.
En effet, l’irrigation est bien présente sur le bassin et utilise majoritairement les eaux superficielles (76 % en rivière, 24 % en nappes). La vallée de l’Adour concentre environ le tiers des irrigations du bassin, principalement alimentées par le fleuve et sa nappe phréatique. Dans les zones de coteaux, qui ne disposent que de faibles ressources en eau, l’irrigation est liée aux retenues artificielles (structurantes ou individuelles). Dans les sables landais, à la très faible rétention en eau, l’irrigation s’opère essentiellement à partir des eaux souterraines, localement soutenues par l’apport de stockages complémentaires.

Les pollutions diffuses, majoritairement liées aux pratiques de culture et d’élevage, touchent les eaux superficielles et souterraines. Elles peuvent même affecter l’approvisionnement en eau potable sur certains secteurs du bassin, notamment pour les paramètres nitrates, phytosanitaires et matières en suspension.

Les usages industriels

Sur le territoire, les activités industrielles (agroalimentaire, aéronautique, extraction de granulats, métallurgie et chimie essentiellement) représentent environ 15 % des emplois et exercent principalement des pressions qualitatives sur la ressource, les prélèvements d’eau réalisés étant presque intégralement restitués au milieu aquatique.

Hormis l'hydroélectricité, les prélèvements industriels se répartissent en proportions à peu près égales entre les nappes de surface (37 %), les rivières (34 %)
et les nappes profondes (28 %).
Les entreprises redevables au titre de la pollution sont à l’origine notamment d’émissions de :
- matières en suspension et de matières organiques d’origine industrielle surtout concentrées au voisinage de l’agglomération tarbaise, puis sur l’Adour en aval de St-Sever ;
- azote réduit et phosphore d’origine industrielle, plutôt dans l’aval du bassin (de St-Sever à Dax) ;
- matières inhibitrices, émanant pour l’essentiel des industries chimiques du bassin du Luzou.

L’aquaculture est présente sur le bassin versant avec 16 piscicultures en activité, mais représente une faible production globale. Il convient néanmoins de noter la présence d'une pisciculture spécialisée dans les esturgeons à Riscle.

La pêche professionnelle en eau douce est peu présente sur le territoire, notamment en raison notamment des faibles rendements qui limitent la rentabilité économique des entreprises de pêche.

Bien que relativement moins équipé que certains bassins voisins mieux alimentés (Gaves, Nestes), celui de l’Adour amont est le siège de plusieurs sites de production hydroélectrique. La majeure partie de l’activité de production est implantée sur les 20 km les plus à l’amont de l’Adour et quelques usines au fil de l’eau sont implantées plus à l’aval sur l’Adour et sur certains affluents, l’Arros en particulier.

L’activité d’exploitation de granulats est aussi présente sur le territoire, notamment sur l'axe Adour.

Le tourisme et les loisirs autour de l'eau

Le bassin de l’Adour abrite également la plus grande concentration de stations thermales en France. Le territoire compte six stations thermales : Bagnères-de-Bigorre, Capvern, Eugénie-les-bains, Préchacq-les-Bains, Saint-Paul-lès-Dax, et Dax. Cet usage prélève la ressource et est très dépendant de sa qualité.

Enfin, l’activité commerciale de sports d’eaux vives reste marginale dans le territoire, et ne s’exerce que sur des tronçons très ciblés en fonction de leur caractère ludique.

Globalement, l’usage de loisirs n’exerce quasiment aucune pression sur la ressource, mais les activités liées à l’eau (baignade, sports nautiques, pêche de loisir, découverte du patrimoine naturel des milieux aquatiques ou humides) s’accompagnent d’exigences particulières quant à l’état quantitatif et qualitatif des ressources et à la conservation du patrimoine naturel. Les usages les plus courants sont la randonnée pédestre, les circuits de VTT, la pêche, la pratique du canoë-kayak, la baignade, la chasse, etc. Le développement des activités d’agrément est en constante progression sur le territoire, du fait de ses potentialités hydrauliques, de sa diversité des paysages et de sa multitude de milieux floristiques et faunistiques.

Les chiffres-clefs du bassin Adour amont

  • 4 500 km² => 25 % du bassin versant total de l’Adour
  • Population : environ 290 000 habitants ; principalement concentrée dans la vallée
  • Agriculture : territoire dominé par les cultures d'été ; surface agricole utile : environ 52 % de la superficie du territoire
  • Industrie : peu développée, éparse et diversifiée, elle repose sur l'agroalimentaire, la métallurgie, l’aéronautique et l’hydroélectricité
  • Secteur touristique important, dont une partie est liée à l’eau (thermalisme, sports nautiques)
  • Patrimoine naturel très riche : 10 sites Natura 2000 en totalité ou en partie dans le territoire du SAGE (20 200 ha) ; 50 zones naturelles d’intérêt faunistique et floristique
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SAGE Adour amont